Nous vivons comme des animaux dans un parc naturel appelé société. Autant dire que nous vivons en liberté surveillée et protégée et réglementée.
Surveillée et protégée par des forces armées. Règlementée par les lois et règlements du parc naturel appelé société.
C'est que nous ne sommes plus lâchés dans la nature, ne disposons plus d'une "liberté sauvage" non surveillée, non protégée, non règlementée, où nous serions aussi libre qu'exposé: il s'agirait non plus de vivre mais de survivre. L'état animal n'est pas l'état de liberté (du moins celui que nous connaissons).
Mais si nous nous sentons libre c'est qu'en dehors, c'est qu'en marge de tout ce qui est écrit, il y a un espace de liberté et cet espace de liberté est un espace vierge où rien n'est encore écrit mais dont nous disposons pour nous ébattre librement.
Un espace où les gardiens de l'ordre et de la sécurité qui sont donc aussi les gardiens de notre liberté surveillée et protégée et réglementée, n'interviennent pas parce que rien n'a encore été édicté justifiant leur présence en cet espace non légiféré.
C'est grâce à lui plus qu'à l'autre que nous éprouvons ce sentiment de liberté, mais il faut savoir que son existence est tributaire de l'existence de l'autre espace de liberté qui est elle liberté légiférée.
Seulement cet espace légiféré pourrait venir rogner sur l'espace non légiféré et venir diminuer d'autant notre sentiment de liberté. Sentiment de liberté qui est déjà plus grand que notre réelle liberté parce que tenant aux marges plus qu'à l'espace de liberté légiféré.
Il ne faut donc pas confondre nature et société, la société n'étant que cet espace naturel aménagé pour l'homme qui s'y retrouve comme parqué, c'est-à-dire en lui surveillé et protégé comme toute espèce en voie de disparition trop menacée dans sa vie sauvage qui est liberté sauvage.
Ce sentiment de liberté que nous ressentons n'en n'ai pas moins celui d'une liberté sauvage qui n'est plus la nôtre, la nôtre n'étant plus qu'une liberté en marge dans un espace surveillé et protégé et réglementé et tributaire de cette liberté devenue liberté première (originaire de l'autre).
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