jeudi 3 avril 2025

Une existence lacunaire


Je voudrais développer cette comparaison qui peut sembler déplacée et elle l'est comme toute comparaison et pour autant les comparaisons aident à entendre ce que l'on ne peut entendre autrement ou mieux qu'en comparant.

Je voudrais comparer la vie à une partie d'échecs, mais pas à une partie rapide sinon à une partie longue, parce que la part du hasard y est moindre et celle de l'engagement personnel plus grand, notre réflexion comme notre responsabilité s'y trouveraient parties prenantes.

Il est d'usage que les joueurs d'échecs après leur partie se livrent entre eux à une petite analyse. Et c'est peut-être là, plus que dans la partie, qu'ils se jaugent. Dans la maîtrise que certains ont de la partie, leur capacité à la reconstituer et à l'analyser, ce qu'ils y ont vu et que l'autre n'a pas vu, pourtant c'est bien de la même partie qu'il s'agit.

Ainsi, qui maitrise sa vie pourrait en parler mieux que qui en est plus la victime, le perdant que le gagnant. Il n'y a que les bons, voire très bons joueurs, qui développent cette capacité d'analyse "à chaud" (la partie vient de se jouer), qui n'en n'ont rien perdue, tandis que l'existence lacunaire des autres se révèle sur l'échiquier.

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