Il y avait un être des plus grossiers, des plus vulgaires, et somme toute des plus bêtes que la terre n'ait jamais vu naître, mais comme il se présentait à la présidence d'une nation qui était alors à la tête de toutes les autres nations et la maîtresse du monde, et bien que l'on en dit le plus grand mal, ce mal révèlerait une intelligence certes pernicieuse mais rare et renversante non pas tant par sa privauté que par ce qu'elle ramènerait tous les votes à elle. Ce que sans nul doute cet être ramenait à lui c'étaient tous les êtres à sa ressemblance qui étaient plus nombreux qu'on aurait pu le croire jusque-là. Mais le pire dans tout ça c'était qu'en voyant de la finesse là où il n'y avait que grossièreté et de l'intelligence là où il n'y avait que bêtise et du courage là où il n'y avait que lâcheté beaucoup de la gente journalistique par ailleurs et pour le reste aboyant avec la meute, hurlant avec les loups, concédaient à la bête d'être une bête médiatique qui était ce qu'ils en faisaient et le produit d'une autre bêtise et couardise qui cette fois-ci était la leur et non la sienne, mais avait fait par le passé arriver au pouvoir d'autres bêtes immondes comme lui.
Imaginez plutôt qu'il soit parmi le commun des mortels, j'appelle ainsi ceux dont mêmes les qualités passent pour des défauts, et il ne serait qu'un bouffon, qu'un idiot, qu'un malappris, qu'un raciste; il n'aurait droit qu'aux sarcasmes des hommes, qu'aux baffes des femmes, et personne ne s'en inquiéterait outre mesure, et tout le monde penserait que c'est bien mérité, mais surtout on l'aurait fait taire si tant est que les idiots n'ont pas le droit à la parole parmi les gens de bon sens qui sont les gens de sens commun; tandis que là ce qu'il allait obtenir non seulement de la masse idiote et adulatrice, son idiosyncrasie tout comme l'idiotie étant contagieuse, mais aussi des "fins limiers" de la politique qui en lui ne pouvaient sentir que l'animal politique, mais quel animal politique qui en plus saurait se faire animal familier, familier, trop familier, comme on dit de l'humain trop humain, oui ce personnage grotesque à la limite burlesque, parce que capable de traiter les sujets les plus nobles de la façon la plus vulgaire qui soit, allait obtenir rien de moins que la Maison Blanche, or il n'y avait sur terre pas plus haut symbole du pouvoir. On ne tournerait mieux le pouvoir en ridicule, à condition que le ridicule ne tue pas, qu'en l'y mettant à la tête. Et à qui l'aurait oublié il ne serait pas alors sans rappeler ce canard grincheux et colérique, au corps grossier et un peu pataud, ce personnage de Walt Disney, Donald duck, qui nous a bien fait rire avant que l'esprit de sérieux n'ai raison de nous et de lui.
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