Souvent l'on s'arrête à l'idée de conformisme social qu'aisément l'on condamne mais comme on dit que les extrêmes se rejoignent, et tandis que l'on craint la conformité aussi bien peut-on craindre la difformité, et comme l'on s'éloigne de la société la crainte de devenir ce monstre par tant de difformités prononcées pourrait aussi nous effrayer. Sans doute cela devrait m'amener à réviser mes positions vis à vis de la famille en particulier et de la société en général. Mais, à l'instar de Nietzche qui a dit que Dieu est mort, je n'ai pas crier à la mort de la famille pas plus qu'à celle de la société mais très certainement d'une vision trop étriquée de l'une comme de l'autre, car une vision plus large nous conduirait sans doute à ne craindre ni la mort de l'une ni la mort de l'autre. Si cette famille comme cette société venait à mourir sans doute laisserait-elle plutôt la place à une autre, car c'est toujours de la famille des hommes qu'il s'agit ou de la façon dont ils ont choisi de faire famille comme de faire société, et si les institutions ont tendance à se figer les hommes ont tendance à changer, de là l'inévitable fracture qui peut surgir et s'élargir entre les hommes et leurs institutions. Qu'il soit de plus en plus difficile de faire famille comme de faire société plutôt que d'amener à un jugement suivi d'une condamnation de l'homme comme un monstre devrait plutôt faire réfléchir sur son impossible conciliation ou réconciliation avec des institutions qui ne correspondent plus à ce qu'il est devenu et parce qu'il a été amputé des siens a montré quelques difformités. C'est aussi sans doute parce que l'homme est mortel qu'il voudrait que ses créations, qu'elles soient artistiques ou juridiques, soient immortelles. Et la fracture devient alors une fracture des générations. Mais déjà trop de générations ont passés et pratiquement rien n'a changé dans les modalités d'existences au sein d'une famille et d'une société, comme une difficulté à entrevoir un autre vivre ensemble quand cet autre vivre ensemble serait déjà là mais pas reconnu, et comme il n'est pas reconnu il ne serait pas vu, qui voit que le Roi Ubu est nu? Que la famille s'est vidée de sa substance humaine aussi que la société, et il faut aux hommes déployer des trésors d'intelligences et d'appétences et d'aptitudes a être heureux pour y arriver, autant dire alors que peu y arrive, arrive a faire avec, avec la famille, avec la société auquel seul un conformisme têtu et lâche pourrait encore rattacher le plus grand nombre, tandis que très peu aussi s'élèveraient en contre, montrant au lieu d'une conformité leurs difformités qui en feraient aux yeux de tous des monstres. Admettons encore que l'homme doit être cadré, alors il lui faut un autre cadre de vie parce que l'homme dans son épanouissement, un épanouissement que jusque là il n'avait jamais connu, aurait besoin d'un cadre plus large prenant en compte son propre élargissement, ce débordement de la toile humaine en dehors du cadre établi, sinon il va s'y sentir à l'étroit, sinon il finira par le faire craquer, et déjà il craque de toutes parts, et ce n'est pas que le fait de monstres bien qu'on leur rejette toute la faute.
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