samedi 6 juillet 2024

L'être social


La question n'est pas tant de savoir pourquoi je choisis l'homme que pourquoi d'autres lui préfèrent la société ou dieu, car il n'est pas loin de moi de penser que c'est par rejet de l'homme. Ce qui expliquerait pourquoi la nature de la société autant religieuse que laïque réprimerait la nature de l'homme. Et ceux qui ont choisi dieu ou la société c'est d'abord en eux qu'ils répriment la nature de l'homme. A ce titre je trouve éclairant ces paroles de Santa Teresa "mas todavia deseaba no fuese monja...aunque tambien temia el casarme" qui révèle ici que sans doute à l'instar de beaucoup de femmes de son époque en se tournant vers dieu elles auraient choisi de se détourner des hommes, en quelque sorte des féministes d'avant garde. Il est amusant de penser que les premières féministes auraient été des religieuses. Il l'est beaucoup moins de penser que nos politiques actuels en se tournant vers la société se sont également détournés de l'homme. Sans doute retrouve t-on le peu de cas comme le peu de confiance qu'ils font à l'homme, pour ne pas dire le mépris qu'ils en ont, dans la bouche des autorités religieuses d'antan aussi que dans la bouche des autorités politiques d'aujourd'hui, et autant les uns n'avaient dans la bouche que le mot dieu autant les autres n'ont dans la bouche que le mot société. Par contre aucun n'aime prononcer le mot homme. Il y a longtemps que l'on ne parle plus de l'homme et quand on se réfère à lui ce n'est plus qu'à l'homme préhistorique qu'on se réfère. L'homme fait peur à l'homme. L'homme est un loup pour l'homme. Pourtant sans une reconnaissance de l'homme, de la nature de l'homme, comment peut-on imaginer qu'il y ait une bonne politique de l'homme à moins que ce ne soit pas des hommes que l'on veuille gouverner. Et souvent en effet l'on entendra que l'homme est ingouvernable d'où une volonté tacite d'en faire une chose gouvernable, autrement dit manipulable comme un objet, déplaçable comme un objet, remplaçable comme un objet... L'homme est un consommateur. L'homme est un producteur. L'homme est un électeur. Enfin l'homme est tout ce qu'on veut sauf un homme. Par contre on veut bien qu'il soit un être social, qu'il ne soit plus en fait qu'un être social, c'est-à-dire fait pour la société, mais c'est la société qui le conçoit ainsi, la femme de l'homme l'a conçu autrement, dans le péché diraient les religieux, et l'on cache toujours nos parties honteuses, et l'on se cache toujours pour faire nos besoins. Non, il ne faut pas croire que l'on en ait fini avec la nature de l'homme, qu'elle est finie de nous apparaître comme aussi répugnante, qu'on en ait fini de la rejeter et en la rejetant de rejeter l'homme. L'être social c'est en fait l'homme sans la nature de l'homme. L'être social n'a pas de sexe, n'a pas de cul. L'être social c'est de l'argent propre. Un moyen d'échange comme un autre. Il n'a pas d'odeur, pas de couleur, pas de sang, pas d'humeur. C'est plus convenable que l'homme pour la société. Peut-être que dieu aussi en voudrait pas de l'homme s'il n'est pas, non pas l'être social qui est l'être pour la société laïque, mais l'être religieux qui est l'être pour la société religieuse. Quant à moi je n'en veux pas de leur être social, pas  plus que de l'être religieux. Sans doute parce que je suis un homme et pas dieu et pas la société.

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