vendredi 10 février 2023

Le temps de l'amour

 

Tandis qu’il lui disait qu’il était au début de ce à quoi il n’oserait encore donner le  nom qu’il lui voudrait savoir porter l’autre lui répondait qu’après un an pour lui cela se terminait, et comme l’on voyait briller les yeux de l’un l’on aurait vu briller les yeux de l’autre, mais ce n’était pas de la même lumière et chacun y aurait reconnu ce que l’amour peut apporter de joie et de tristesse, et cela avec la même intensité. Il y avait ce bel oiseau aux couleurs vives qui lui revenait alors pour l’avoir vu peint sur un mur avec au-dessous cette inscription : « girl make bird cry. » Cet oiseau volait. L’amour est un oiseau volage. C’est encore les corps qui en témoignent le plus. Après, ce qu’on peut en dire. Inutile de le rapporter ici. Ce n’est pas les causes qu’il faut voir mais les effets. Les causes qui ne sont révélées qu’après avoir fait leurs effets comme un malfrat une fois réalisés les faits dont on pourra alors l’incriminer. Que de récriminations : « girl make bird cry ». Et le chef d’accusation : avoir aimé. Qui n’a jamais été puni pour avoir aimé ? Quelle est la peine a encourir quand on est pris en flagrant délit ? Faut-il aimer dans le plus grand secret, celui des cœurs ? Que l’autre ne vienne jamais à le savoir ? Pas vu pas pris. Et qui se montre épris est pris. On peut jouer avec les mots mais pas avec l’amour. Pas même avec les mots d’amour. On ne dirait jamais je t’aime si l’on savait. Mais voilà l’on croit toujours tout savoir et l’on ne sait jamais rien surtout en matière d’amour qui a pourtant déjà fait couler beaucoup d’encre et…beaucoup de sang aussi, car c’est encore les corps qui en témoignent le plus. Mais celui qui allait aimer allait aimer et celui pour qui cela se terminait allait recommencer et qui sait si au début de ce à quoi il n’oserait encore donner le nom qu’il lui voudrait savoir porter l’autre lui répondrait qu’après un an pour lui cela se terminait. A chacun son tour. A chacun son tour dit le temps de l’amour.

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