L’amour, l’amitié, comment ne pas y penser et que c’est de les placer très haut qui fait qu’on n’est pas toujours à la hauteur de l’amour, de l’amitié. C’est bien le problème de l’homme que de se faire une idée des choses au-dessus des choses et de ce qu’elles sont. Montaigne à trop bien écrit sur l’amitié et les poètes sur l’amour, monter au pinacle ou descendu aux enfers, toujours une question de hauteur parfois inversée. Il n’empêche que les deux, l’amour et l’amitié, sont connus et pratiqués par les hommes sans aucun soucis ni ménagements de ce qu’on peut en dire et encore moins de ce qu’on peut en écrire. Il ne faudrait avoir rien lu là-dessus, ni même avoir rien pensé là-dessus, ils sont tous deux à la table des hommes qui n’ont qu’à se servir et manger en fonction de leur appétit, pourquoi les mettre à la table des dieux ? En vertu de qui sinon serait-il critiquable d’aimer comme nous aimons d’amour ou d’amitié quand il n’y en a pas d’autre que le notre d’amour ou d’amitié. Il n’est pas à la hauteur. Mais qui est juge de la hauteur ? Est-ce un travail, une peine, une charge, qui serait pour certain trop lourde à porter ? Y a-t-il une récompense à la clé sans quoi les hommes ne sauraient s’aimer d’amour ou d’amitié ? Veux t-on en faire une question sociale ? La société veut-elle ravir à l’homme l’amour et l’amitié, lui donner sa mesure, sa hauteur ? Et il y en a qui en serait indigne. Et il y en a qui ne serait pas à la hauteur. Mais chacun à sa hauteur ne connaît il pas l’amour ou l’amitié ? Qui n’a jamais dit je t’aime ou serrer la main d’un ami ? Soyons en cela rassurés, pour connaître l’amour ou l’amitié il ne s’agit pas d’être à la hauteur mais bien plutôt de rester à hauteur d’homme. En quoi il ne faut pas s’étonner que ceux qui n’aiment que dieu puissent se montrer odieux, et que ceux qui n’aiment que la société avec mépris aiment à nous traiter en disant : il n’est pas à la hauteur.
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