jeudi 27 octobre 2022

Un bonheur personnel

 

N’y aurait-il que dans l’amour où le bonheur c’est l’autre quand partout ailleurs il semble y faire obstacle ? C’est la tendance en tout cas que de le penser et qui sait si l’amour n’en fait pas déjà les frais comme c’est le cas pour la famille dont plus que jamais les membres s’entredéchirent au moindre intérêt divergeant ne jouant plus entre eux le fait d’être parent, le parent n’étant pas moins que tout autre celui qui fait obstacle à un bonheur qui ne tiendrait à personne sinon à nous-même, ne pourrait être que personnel. Quand on pense à son bonheur on ne penserait plus qu’à son bonheur personnel et qu’il ne puisse être possible autrement. Ceci sans pouvoir être exprimé par tous serait passé dans la conscience générale au point de devenir notre conception du bonheur. C’est pourquoi, ou en est-ce la cause, par notre pouvoir d’achat on pense pouvoir l’acheter comme le bonheur des enfants à qui ont fait un cadeau. L’idée est passée que dans la vie il faut se faire plein de petits plaisirs comme des petits cadeaux que l’on se ferait à soi-même. Encore une fois elle n’est pas formulée cette idée du bonheur car l’étant on en verrait tout de suite l’ineptie plus encore que l’égoïsme. L’on croit bien en effet pouvoir être heureux sans les autres et s’étonne d’autant, ce qui en est la preuve, de ne pas l’être ou de lui courir toujours après au bonheur. Mais il se refuse à nous comme une femme qui ne nous aimerait pas malgré tous les petits cadeaux qu’on lui ferait, et dieu sait combien elles y sont sensibles, plus que le bonheur en tout cas qui refuserait lui nos avances quel qu’en soit le montant. Par contre nous excellons pour donner l’image du bonheur comme elle est véhiculée par les médias, ce qui a pour effet d’y courir après plus que jamais et comme on sait ce qu’elle est maintenant notre conception du bonheur plus que jamais aussi s’entredéchirer. Comment cet homme qui a tout, car c’est en ses termes qu’on en parle, ne serait pas heureux. Il aurait la grande maison, la grosse voiture et la jolie femme qui va avec, car c’est en ses termes qu’on en parle de son bonheur et l’on voit qu’il n’y a rien là que de matériel, la jolie femme y compris ou comprise avec les meubles. Cela se vérifie en réalité comme quoi cela serait aux yeux de tous la réalité du bonheur, le fait qu’il existe comme existe la maison, la voiture, les meubles et la jolie femme qui va avec. Notre conception du bonheur est donc personnelle et matérielle. Peu importe si l’on est heureux ou pas ainsi. Le problème n’est pas là. Il est qu’on ne se voit pas heureux autrement et que ne se voyant pas heureux autrement on ne peut pas l’être autrement. On pourrait en déduire que la société a fait son affaire (ou ses affaires) de notre soi-disant bonheur personnel en le reprenant à son compte et qu’il n’est en conséquent pas si personnel qu’il ne le paraît. Quelle belle aubaine aussi pour la société qu’au lieu d’unir les hommes entre eux comme le ferait l’amour où le bonheur serait encore l’autre, l’autre devienne et plus que devienne soit alors perçu comme un obstacle au bonheur, car il n’y a ainsi plus d’obstacle au bonheur de la société et au malheur de l’homme.

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