lundi 31 octobre 2022

La féministe

 

Il n’y a pas moins femme que cette femme qui se porte au-devant des femmes comme un général se porte au-devant de son armée pour la commander. Si au lieu d’être culbutée elle pouvait culbuter un homme. Quant à enfanter pourrait-elle s’en dispenser, ce qu’elle veut c’est gouverner et le gouvernement des hommes lui déplait en cela qu’il s’exercerait sur les femmes. Mais a-t-elle idée de ce qu’est une femme, sans doute moins qu’un homme qui serait un peu femme, car elle ne l’est point du tout. « On ne naît pas femme on le devient », or cette femme est devenu un homme, et plus homme qu’un homme elle sait se montrer. On en trouve de semblables dans les services de police qui, pour s’affirmer dans un milieu d’hommes, n’ont pas d’autre choix que de s’affirmer comme un homme (et pas tous les hommes) saurait le faire. Elle est dans le rapport de force. Mais est-ce bien cela les rapports qu’entretiennent les hommes et les femmes, et dans ces rapports la douceur ne l’emporte-t-elle pas sur la force, ne la fait-elle pas fléchir plus sûrement. Mais elle ignore les armes des femmes parce qu’elle emploie celles des hommes. Aussi elle se trompe en les voyant fuir et se soumettre parce qu’elle ne connaît rien de leur soumission et de leur fuite ; et pour ses mêmes raisons qui ferait un homme aimer une femme et succomber je suis porté à croire qu’elle la rejetterait comme elle rejette la femme en elle. Et j’ai bien dit succomber car c’est par ses moyens que la femme l’emporte sur l’homme. Mais cette femme guerrière l’ignore comme l’ignorait Lachès dont se moquaient Socrate et Platon si l’on en croit ce qu’écrivit Montaigne dans ses Essais : « Et Socrate et Platon, se moquant de Lachès qui avait défini la fortitude : se tenir ferme en son rang contre les ennemis. Quoi, fait-il, serait-ce donc lâcheté de les battre en leur faisant place ? » Car n’est-ce pas ainsi que les femmes battent les hommes, en leur cédant la place.

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