Heureusement qu’il y a les films pour voir les bons et les méchants parce que dans la réalité je ne vois ni les uns ni les autres et je crois même pouvoir dire que c’est cela l’effort de la fiction ou que l’on doit faire pour que la réalité devienne fiction. C’est qu’aussi complexe qu’elle soit comme aussi complexe que soit la psychologie des personnages de fiction elle ne le sera pas autant que ne l’est la réalité qui est la réalité des êtres vivant réellement. Certes, se laisser aller à la caricature est une facilité mais qui prête à rire pas à pleurer, et qui ne souffre aucune crédibilité. Il n’en est pas de même des bons films qui nous ont fait pleurer et ensuite regarder la réalité autrement. En un mot, qui nous ont bluffé comme l’aurait fait ou mieux que ne l’aurait fait un illusionniste. Pendant un temps on voit ainsi la réalité et se dit qu’un tel est comme ça ou comme ça, c'est-à-dire comme dans le film, ce qui nous fait l’aimer ou le détester, mais cela ne dure jamais vraiment longtemps. Après on est comme happé ou repris par la réalité où il n’y a ni bons ni méchants mais tout juste des amis dont on ne saurait dire toutefois jusqu’à quel point ils sont nos amis et des ennemis que l’on s’étonnerait qu’ils ne nous aient pas encore tué si l’on avait de l’ennemi une vision juste et parfaite. Souvent il faut se l’avouer c’est pour simplifier, par paresse mentale ou manque d’honnêteté intellectuelle, ou intérêt personnel, que l’on dit de cette personne qu’elle est une bonne personne et d’une autre qu’elle est une mauvaise personne. Il nous serait difficile de le prouver aux yeux du monde entier et peut-être même en commençant par à nos propres yeux si on la regardait plus attentivement, mais il n’y a que dans les films ou notre regard est comme scotché à la personne parce qu’elle trompe rarement nos attentes en tant que bonne personne comme en tant que mauvaise personne. On le sait elle finira toujours par se déclarer être l’une ou l’autre. Quand dans la réalité, je veux dire les personnes réelles sont un peu comme des agents dormants qu’on ne saurait jamais quand ils vont se réveiller et dans quelles dispositions, vis-à-vis de nous bien entendu, c’est-à-dire que si on le savait cela ne nous permettrait pas encore de savoir s’ils sont fondamentalement bons ou méchants mais seulement qu’ils se sont montrés vis-à-vis de nous bon ou méchant. Alors je le répète une dernière fois : heureusement qu’il y a les films pour voir les bons et les méchants.
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