Quelle est la comédie que l’on se joue à soi-même et quelle est la comédie que l’on joue aux autres ? S’il n’y a pas coïncidence, c’est-à-dire si elle est fausse on est faux ; et s’il y a coïncidence, c’est-à-dire si elle est vraie on est vrai ; ce qui ne veut pas dire pour autant que l’on ne se trompe pas comme que l’on ne trompe pas les autres. Il faut, me direz-vous, répéter la salle vide. Mais les comédiens le savent : même quand on répète devant une salle vide on joue pour une salle pleine.
Et toi qui te crois authentique n’es-tu pas au mieux le
moins comédien des comédiens et, au pire, le plus comédien des comédiens, car
le propre du comédien n’est-il pas de paraître vrai dusse t-il pour cela
tromper les autres et se tromper soi-même, c’est-à-dire y croire en son
authenticité.
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