Ce qu’il y a de sexuel dans notre appréciation de la beauté ? Oui, c’est bien une question que l’on peut se poser. Mon regard d’homme est attiré par la beauté d’une femme plus que par la beauté d’un homme, tant et si bien que j’aurais tendance à dire que les femmes sont belles sans considération de la beauté des hommes. Mais si je porte mon regard sur les animaux je ne ferais plus cette différence et encore moins avec les végétaux. Maintenant si je regarde une œuvre d’art qui ne représente ni une femme ni un homme, puis-je dire que le sexuel n’entre pas dans mon appréciation de la beauté ? Puis-je dire qu’une femme regarderait cette œuvre d’art comme je la regarde ? Rien n’est moins sûr. Le drame de l’homme serait bien celui-là que jamais je ne pourrais autant apprécier la beauté que sur une femme. Un paysage, une œuvre d’art ne saurait m’en détourner, tandis qu’une femme saurait détourner mon regard d’un paysage ou d’une œuvre d’art pour la regarder. Est-ce dire que la femme a une beauté que tout paysage ou tout œuvre d’art ne pourrait égaler ? N’est-ce pas plutôt que le désir sexuel ajouterait plus d’attrait à sa beauté ? Que reste t-il de ce désir sexuel devant une sculpture ou un tableau ? Est-ce encore le peu qui me reste de désir qui en ferait le peu de beauté que je lui trouverais par rapport à la beauté d’une femme ? Si la femme n’existerait pas existerait-il encore la beauté ?
J’ai connu un vieil homme infirme qui me promenait dans les galeries d’art avec lui et me disait que sans l’art il ne pourrait pas vivre. Cet homme avait cependant été un homme à femmes. Et si, comme je pouvais le remarquer, une jolie femme passait alors qu’il regardait un beau tableau, c’était toujours la femme qui l’emportait sur le tableau. L’art n’était-il pour cet homme qu’un succédané de femme ?
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