Peut-être est-il encore trop tôt pour parler de la fin d’une épidémie mais je ne peux que me réjouir de croiser et de voir des gens, autrefois masqués, aujourd’hui à visage découvert. Ils profitent de l’air libre et des derniers rayons de soleil qui à peine nous réchauffe en ce début d’hiver, mais nous avons déjà que bien trop souffert du confinement, et l’hiver ne peut nous retenir plus longtemps à l'intérieur. Si je m’en réjouis autant ce n’est pas par pure inconscience mais pour me rappeler mes collègues qui travaillaient sous tunnel et ne ressentaient pas pour la majorité d’entre eux la nécessité, quand l’occasion se présentait, de prendre un bon bol d’air frais en surface. Je craignais donc que de l’avoir trop longtemps porté, le masque, personne ne ressente plus le besoin de l’ôter, le masque, pour respirer librement et sainement. Comme on parle de guerre je pensais aussi à ces personnes qui, selon ce que l’on raconte, même après la guerre n’osaient plus sortir des bois où ils avaient trouvé refuge, ne voulant pas croire que la guerre était finie. Au problème du Covid 19 viendrait s’ajouter celui d’une fin programmée, d’une fin qui n’en finirait plus de finir, ce qui rendrait encore moins crédible aux yeux de tous sa fin définitive, et le risque serait celui dont je viens de parler qui prolongerait au-delà de l’épidémie ce que l’épidémie a semé en nous de peurs et de troubles.
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