Si j’avais une devise ce serait celle de faire les
choses à la fois pour elles-mêmes et pour nous-mêmes. Y a-t-il, me direz-vous,
devise plus égoïste ?
On peut s’entendre qu’il n’y a pas plus généreux que
de faire les choses pour elles-mêmes. Cependant quel plaisir n’en tirons nous
pas pour nous-mêmes, et plus dans notre loisir gratuit voir coûteux que dans un
travail qui nous rapporte. Il peut donc aussi apparaître comme égoïste de s’y
adonner comme à son plaisir.
Si on passe maintenant à la deuxième proposition de la
devise qui est celle des deux qui apparaît comme la plus égoïste : de
faire les choses pour nous-mêmes. Il n’y a pourtant pas d’autre façon d’élever
les choses qui nous élèvent. Ne travaillent jamais autant à l’élévation des
choses que ceux qui travaillent à leur propre élévation.
On peut en effet voir la cause de tant de corruption dans les
associations et actions à but humanitaires qui semblent toutes tourner vers
l’autre dans l’altruisme même. L’altruiste serait celui qui ne
fait pas les choses pour lui-même mais pour les autres. Inévitablement, ne
s’élevant pas lui-même dans les choses qu’il fait, attendant tout des choses
qu’il fait, que les choses qu’il fait l’élèvent lui, non seulement il ne les
élève pas mais, les ramenant à son niveau, les abaisse.
Je pense à l’abbé Pierre en France, à Mère Teresa en
Indes, à Sœur Emmanuelle en Egypte, à Sœur Brigitte au Liban, et je me dis que
s’ils n’avaient pas tant travaillé à leur propre élévation (élévation de l’âme,
sainteté) ils n’auraient pas tant élever ces choses au rang d’action
humanitaire. Et je n’oublie pas non plus les restos du cœur de Coluche qui n’attendait
pas comme ses successeurs (d’où la corruption qui s’ensuivit) autre chose
qu’elles-mêmes des choses qu’il faisait.
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