Sémillante, pétillante, Martine Scaravelli, comme une
bulle de champagne. En ces jours de fête, je me la rappelle. Je me la rappelle
comme un jour de fête, comme une bulle de champagne, moi qui m’en suis toujours
tenu soigneusement à l’écart, éloigné, sans pour autant trouvé aucun déplaisir
à la voir comme on voit une fête sans y
participer. Je ne suis pas de la fête. Je ne suis d’aucune fête. Je ne
suis d’aucune Martine Scaravelli. Elles sont un leurre comme leur jeunesse
entretenue, comme la fête. Bonnes à passer de bons moments. Tout ce qu’elles
veulent c’est passer de bons moments. C’est toute leur philosophie de la vie
que de passer de bons moments, comme si la vie se réduisait à passer de bons
moments. Et ce bon moment passé n’ayant de hâte que de passer un autre bon
moment et faisant de leur vie une suite de bons moments avec entre temps la
recherche de ces bons moments. Qu’elles ne se plaignent pas de n’avoir pas
trouver le bonheur si elles ne l’ont jamais cherché. Mais je ne voudrais pas
opposer le bonheur à la joie, à la joie festive. Seulement ces bons moment à un
« état de permanence » où retombent tous ceux qui connaissent la
fête, après s’être grisé, une fois estompé l’effet du champagne et de la fête.
Ceux qui aiment la fête n’aiment pas les lendemains de fête. Comme ils n’aiment
pas non plus les gens qui ne connaissent pas la fête et qu’ils prennent ainsi
pour des gens austères sans imaginer un seul instant qu’ils puissent avoir
trouvé dans cet « état de permanence » un certain bonheur, en tout
cas de quoi les tenir à l’écart, éloigné de la fête et de toutes les Martine
Scaravelli du monde et de cette idée que la vie se réduirait à passer de bons
moments, à la fête.
Je le dis pour tous ceux qui ne sont pas fait pour la
fête, qu’ils ne pensent pas (comme je l’ai trop longtemps pensé) qu’il n’y a
pas de vie en dehors de la fête, de vie heureuse en dehors de la fête ; et
ne soient pas malheureux en ces jours de fête de n’être pas de la fête.
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