Au plus profond de notre détresse si nous avons une
pensée pour l’autre accrochons nous à elle comme à notre planche de salut. De
nous-même il ne faut attendre aucun secours. Seul nous sommes perdus quand rien
que la pensée de l’autre est salvatrice. Ce qui nous anéanti c’est nous. Notre
sauveur c’est l’autre. Aussi grand que nous soyons. Aussi petit qu’il soit.
Notre grandeur ne nous sauvera pas. Car elle n’est que hauteur et de toute
notre hauteur nous tomberons. Notre grandeur ne vient pas de notre hauteur. De
notre hauteur viendra la chute. Quant à notre grandeur elle n’est pas notre
grandeur. Elle vient de l’autre qui nous soutient, qui nous élève. Mais l’autre
ce ne peut-être que la pensée de l’autre qui nous soutient, qui nous élève.
C’est dans les soubassements de la détresse que naissent et partent les plus
grands édifices. Et plus elle sera profonde plus ils seront grands.
A Jaime
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