J'entre dans le silence et je crois qu'il y a plusieurs portes et que je n'en ai franchies que très peu jusqu'ici — qui fera taire l'affreux bavard que je suis ? Combien de portes me restent t-il encore à franchir — et ceux qui à un âge avancé doivent être arrivés au seuil de la dernière porte auraient beaucoup à nous dire quand c'est à peine s'ils parlent et s'ils sont écoutés. Ces portes qui se referment sur eux et sont les portes du silence ne pèsent pas comme les portes de nos maisons et en se refermant derrière eux s'ouvrent sur un silence plus grand qui est un silence intérieur. Un silence qu'on n'entend pas, oserai-je dire, tant le silence extérieur peut paraître bruyant à côté.
Quand il m'emplit — je dis m'emplit car je ne sens pas le vide mais une immense quiétude — je me dis qu'à veillir, à quoi on ne trouve rien de bon, je trouve une porte de plus à franchir et un souverain silence m'envahir, pareil au bonheur inexprimable.
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