La première
règle à observer quand on joue une partie d'échecs est de se
taire. Mon ami Roland, qui cet après-midi viendra jouer avec moi, ne manquera pas de me répéter : tais-toi, tais-toi,
tais-toi. C'est que j'ai bien du
mal à me taire, ce qui explique sans doute aussi pourquoi j'ai bien
du mal à progresser aux échecs. Je ne suis pourtant pas
bien différent en cela de ceux qui se taisent le temps d'une partie
d'échecs.
A
qui la faute ? On a tant vanté l'esprit critique que personne
ne s'arrête de critiquer, c'est-à-dire de parler, sans se donner la
peine avant d'écouter. Moracchini, Maître d'échecs, voyant un
homme fait se présenter à lui dit qu'il doutait de pouvoir lui
apprendre quoique ce soit, car tout serait sujet à caution, à
débats, à controverses. Voilà peut-être la raison pour laquelle
les enfants apprennent mieux que les adultes : on leur demande,
on les oblige, à se taire. Et les enfants se taisent, et écoutent, et apprennent.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire