samedi 17 août 2019

Libelle contre la critique


Chaque homme est en butte contre ses limites et c'est comment il arrive à les surmonter, de savoir comment certains arrivent à les surmonter qui peut aider ceux qui n'y arrivent pas. C'est pourquoi il n'y a pas de véritable critique constructive parce qu'elle ne part pas de rien : elle ne dit pas: il ne savait pas faire ça alors voilà comment il a fait, parce que chacun a ses limites et sa façon de dépasser ses limites. Il y a une critique positive ou négative. Ce n'est pas tant que la critique positive vous monte au pinacle et que la négative vous jette plus bas que terre, mais que l'une part d'un ou plusieurs points positifs pour vous louez, tandis que l'autre part d'un ou plusieurs points négatifs pour vous descendre en flèche. Mais vous vous ne partez de rien qui ne soit positif ou négatif. Imaginez quelqu'un qui se met à écrire ou à dessiner ou à peindre ou à sculpter ou à faire de la musique, tout de suite il est en butte à des difficultés propres à chacun de ses arts et surtout en butte contre ses propres limites à s'y exercer, pourtant certains trouveront leur voie qui est la façon dont il s'y prendront pour les surmonter. Or, je n'ai jamais lu d'un critique quelque chose du style: voyez comment lui qui ne sait pas faire ça a fait pour le faire autrement, mais plutôt, avec quel brio il décrit ou dépeint ce paysage, ou comme c'est mal fait ou mal dit. Le critique ne fait que donner des points ou les enlever, comme à l'école il met une note positive ou négative. Et c'est pourquoi il est très difficile pour les artistes en passe de le devenir, de le devenir, parce qu'ils ne recevront aucune critique constructive et que, n'étant pas encore artiste consacré, ils n'auront pas plus le droit à une critique positive que négative qui les ferait également connaître. Parce que la critique ne part pas de rien quand l'artiste lui part de rien. Parce qu'il n'y a pas de critique pour dire que chez cet homme, comme tout homme en butte contre ses limites, il y a un début de commencement de dépassement de ses limites dans ce qu'il fait. Quand n'importe qui de ses connaissances, lui, ne se fait pas prier pour lui dire : tu ne sais pas faire ça, fait autre chose, ce n'est pas pour toi ; alors que le critique avisé, le critique constructif qui n'existe pas, y verrait un début de commencement de dépassement de ses limites qui n'est autre que le début de l'art et lui dirait : continue tu es sur la bonne voie. Mais encore une fois il n'y a qu'une critique positive ou négative, les deux ne nous apprenant également rien, les deux ne sachant également rien, sur comment l'artiste en butte contre ses limites les a dépasser, en somme comment l'homme qu'il était est devenu l'artiste qu'il est; et n'attendez pas non plus qu'il vous le dise vous les critiques, ce serait plutôt votre travail que de nous le dire, mais vous ne faites pas votre travail et je ne sais pas comment l'on pourrait nommer le vôtre de travail, sinon celui de vils flatteurs ou d'envieux frustrés ou de trop académiques professeurs. Vous qui ne donnez que trop raison à l'adage: la critique est facile, seul l'art est difficile quand ce qui vous est demandé est difficile mais que vous n'êtes pas à la hauteur de la tache et ne faites qu'enfoncer des portes ouvertes, tandis que vous en laissez d'autres qui ne demanderaient qu'à s'ouvrir fermées.

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