Je n'ai rien contre les idéologies mais je m'en méfie comme on peut se méfier des clichés qu'on colle un peu partout comme on collerait des images sur la réalité qu'on prendrait ensuite pour cette réalité. Il se trouve qu'après avoir écrit: La famille où je m'en prenais déjà à l'idéologie je tombe à la télé sur un reportage sur la Colombie. Il était très tard et mon cerveau s'était sûrement mis en veilleuse car tout au début du reportage je m'en voulu de m'en être pris à l'idéologie marxiste tant le reportage semblait y répondre et en même temps coller à la réalité, si j'ose m'exprimer ainsi.
Il disait ce reportage qu'en Colombie 80% des terres étaient aux mains de 1% de la population, qu'il n'y avait pas eu de révolution agraire, qu'on était encore au Moyen Age; et il montrait les dépossédés (de leur terre) leur dénuement, leur pauvreté, leur oppression; et il montrait les oppresseurs, les institutions, l'Etat, et les instruments au service de l'Etat et de l'oppression: l'armée, les finances, oui le capitalisme, et derrière, toujours derrière, son représentant le plus fidèle les Etats-Unis d'Amérique.
Mes yeux se refermaient et j'avais du mal à les maintenir ouverts, tandis que mes oreilles recevaient le discours habituel que l'on nous sert pour toute l'Amérique Latine. Ils voyaient cependant une journaliste reporter de guerre ayant subie le viol et autres outrages à sa personne venant s'ajouter aux victimes du capitalisme et de l'oppression, puis un militaire de haut rang qui disait que l'armée était au service de la population et se désolidariser de certaines brebis galeuses qu'il y avait dans leurs rangs, difficile de le croire, mais au cas ou on l'aurait cru une voix off (qui ne montrait pas son visage et ne disait pas de quelle idéologie elle se réclamait) nous en dissuadait.
Ce reportage ne m'aurait donc rien appris de ce que je savais, ni rien changé de ce que je pensais si mes yeux ne s'étaient pas complètement fermés à ce que je voyais. Une bourgeoisie, ce qui n'existait pas au Moyen Age, des biens pensants, ce que seul l'industrialisation peut avoir portés économiquement parlant, elle était en la personne de la journaliste, d'intellectuels, de sociologues, de spécialistes de l'économie ou autres, traitant de matières diverses mais aussi qui sait dans ce général d'armée (et autres hauts fonctionnaires et hommes de bonne volonté) concordant dans leur jugement et volonté de changement (quoique ne pouvant pas toujours l'afficher, le placarder comme on le ferait d'une idéologie, ne se réclamant peut-être d'aucune idéologie). Sans compter les rassemblements, les manifestations pour la paix et la justice.
Encore une fois le schéma réducteur de l'idéologie ne pouvait pas rendre compte d'une réalité plus complexe. Les riches n'étaient pas tous de sales capitalistes. Les pauvres n'étaient pas tous de pauvres pauvres qu'on pouvait plaindre. Les guérillas, les narcotrafiquants. Les bandits (et il y en a partout) ne sont pas des révolutionnaires mais pérennisent un système qui leur profite, qui profite au crime. Le capitalisme, le communisme, deux idéologies mais pour une seule et même réalité qui les dépasse, pour un seul peuple tyrannisé par les uns comme par les autres, mais qui voudrait se réclamer ni de l'un ni de l'autre, mais pour la paix et la justice, le bien être et la prospérité. Mais plus qu'un peuple je vois l'homme (j'ai vu des hommes et des femmes, pas un peuple) pas bien différent de l'homme que je suis qui veut bien vivre et qu'on arrête de lui bourrer le mou.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire