mercredi 28 mars 2018

Le bon Samaritain


Celui qui sauve la vie d'un homme doit se dire qu'il sauve la vie d'un animal nuisible et que s'il pense faire le bien, en sauvant la vie de cet homme il fait le bien et le mal. Qu'il y a eu plus d'un bon Samaritain et que l'humanité n'en a pas été sauvé pour autant.

S'il est trompé c'est qu'il s'est trompé sur l'homme. Non ! Il se peut que l'homme qu'il sauve soit bon. On dit d'un homme qu'il est bon quand il est bon pour sa famille, pour les siens. Et je connais beaucoup d'hommes bons. Et l'humanité a connu beaucoup d'hommes bons qui ont commis des atrocités.

Ce qui le trompe encore c'est de penser : j'ai permis à cet homme de se loger, de se nourrir, enfin de vivre ; comme si la vie d'un homme se limitait à manger et dormir quand il lui faut encore nuire, c'est un animal nuisible.

Il faut encore s'entendre sur la définition d'un animal nuisible car celle-ci est éminemment suggestive et arbitraire, sûrement autant que celle de l'homme bon. Car celui qui sauve la vie d'un homme pense sauver la vie d'un homme bon, pas d'un animal nuisible. Car de là où il se place c'est comme çà qu'il lui apparaît : bon et pas nuisible.

De là où il se place mais pas de partout parce que l'homme n'est pas partout le même, ou plutôt, il est partout le même, mais selon où l'on se place on le voit de façon différente et c'est cela qui trompe notre bon Samaritain qui pense sauver un homme bon et pas un animal nuisible quand il sauve les deux en un ; quand il pense faire le bien et fait le bien et le mal.


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