C'était après une partie d'échecs avec mon ami R. Je lui avais si bien parlé des contes de Maupassant qu'à la télé et sur YouTube on pouvait visionner qu'il voulu qu'on en vit un ensemble. Les répliques étaient bonnes, pas moins bons étaient les acteurs, mais surtout ce qui, à n'en pas douter, plaisait à mon ami c'est qu'on pouvait rire avec Maupassant de la noblesse et du clergé.
Mon ami ne comprit pas alors que cela se termina par cette duchesse qu'on avait empoisonné et qui accepta de mourir en connaissance de cause. Il s'agissait bien de son mari et de sa maitresse. Mais elle ne voulait pas qu'un scandale de plus éclabousse la noblesse. Aussi elle exigea du médecin qui a son chevet comme un confesseur recueillait ses dernières volontés qu'il garda le secret.
Je dis alors à mon ami que Maupassant qui savait si bien décrier l'ancien régime n'en savait pas moins apprécier ce qu'en la perdant on en perdait. Opinion sans doute partagée par Valéry Larbaud, j'étais en pleine lecture de O.Barnabooth, qui parlant de la noblesse et voulant mieux la définir citait cette expression qui était tout ce qui en restait: "noblesse oblige" et c'était que la noblesse serait faite avant tout d'obligations, de devoirs.
Le sens du devoir comme le sens de la prière se seraient perdus en cours de route, ce qui est pour l'homme non pas tant s'incliner ou s'abaisser ou s'humilier devant plus grand que lui; que d'être grandi, élevé, par son aspiration à ce qu'il y a de plus pur et de plus beau, à ce qui nous transcendent ou par quoi on est transcendé. Et peu importe que cela soit plus contestable que constatable par la science.
Car ceux qui savent bien mourir sont aussi ceux qui savent bien vivre, et c'est dignement, et c'est sans s'abaisser à de vils sentiments de haine et de vengeance, sentiments mesquins par excellence, et il faut voir dans la mort de cette femme une mort exemplaire on l'on peut mesurer toute la grandeur de son amour qui est celle de son âme, de son cœur, plus que celle de son corps moribond.
Qui sait alors si après que l'homme ait connu les siècles de l'esprit il ne soit pas tombé dans ceux de la matière; si le corps n'a pas établi sur lui son empire après la démission de l'esprit. Etre bien de son corps et jouir de son corps, voilà tout ce qu'on voudrait. Mais si l'on croit que c'est le corps qui nous tient on se méprend. Et si le corps nous lâche, alors tout nous lâche. S'il n'y a de force qui ne soit que du corps.
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