mercredi 8 juillet 2026

L'être et le devenir


Si je vois une partie d'échecs jouée par deux maitres d'échecs (dans un livre, une vidéo ou lors d'un tournoi d'échecs) je vois une partie plus intelligemment jouée que je ne la jouerais moi-même; il en va de même quand je lis les Propos d'Alain ou les Essais de Montaigne ou les Pensées de Pascal, je les vois s'exprimer mieux et plus intelligemment que je ne le ferais moi même si j'avais à parler des mêmes choses qu'eux.

Est-ce que tout cela doit m'empêcher pour autant de m'exprimer sur un échiquier ou ailleurs, disons dans la vie, sinon plutôt m'y motiver, ou au contraire parce que je suis motivé à le faire que je ne dois pas prendre leçon des anciens. Un de mes amis serait pourtant du parti de dire: à quoi bon, quand tout aurait été déjà si bien dit et si bien fait.

N'est-ce pas pourtant mon ami comme ajouter nos parties d'échecs de médiocres qualités à celles des maîtres d'échecs que nous ne serons jamais pour autant. Mais est-ce que nous voulons devenir maîtres d'échecs pour autant et pas simplement jouer aux échecs parce que nous avons plaisir à le faire aussi que de nous instruire sur l'art et la manière d'y jouer.

Et puis, mon ami, avant de vouloir devenir l'on veut être et le vouloir être n'est jamais un simple contentement de l'être mais aussi un vouloir devenir; personne ne se résume à ce qu'il est ni non plus ne s'y résout ou l'on pourrait alors dire de lui qu'il est aigri, aigri par le renoncement de l'être qui est devenir.

Maintenant on ne peut rien dire sur le devenir, jamais en préjuger, car de là où l'on se tient on ne peut voir ou apprécier que des devenirs qui sont devenus, autant dire qui ne sont plus des devenirs, des devenirs qui n'ont jamais cessés d'être aussi bien que nous mêmes; alors contentons nous d'être, ce qui est être à ce que nous sommes, ce qui est encore la meilleure manière de devenir (de renvoyer notre être à son devenir).

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