En ces temps où nous vouons un culte au corps et au sport on peut s'imaginer les podiums comme autant d'autels où l'on sacrifie à ce culte et leur forme n'est pas sans rappeler ces pyramides où l'on procédait à d'autres sacrifices humains au nom d'autres dieux inhumains. Il y avait aussi couronnes de lauriers et sacres et festivités et les sacrifiés aussi étaient considérés comme des demi-dieux.
Non plus qu'ils se plaignaient mais se sentaient honorés et récompensés de leur sacrifice et tout le monde aurait voulu s'y voir à leur place désigné et s'il fallait se doper pour en avoir la force et le courage qui aurait refusé de le faire; eh bien il en va tout autant pour nos sportifs de haut niveau qui ont comme ils disent tout donné et cela avant même d'arrivés sur le podium qui est l'autel de tous les sacrifices.
On ne se trompe pas quand on voit dans le sport une forme d'héroïsme qui n'y est je crois pas absente comme un effort loyal et une dépense généreuse; et c'est ce que l'on apprécie avant tout: avant les récompenses et les honneurs non plus qui soit absent une certaine religiosité; c'est que l'on sent le sacrifice et la sueur, chose toutes deux humaines et qui plaisent à notre cœur.
Mais cette entreprise humaine et louable et glorieuse est reprise par la société qui n'est plus celle des prêtres mais qui en rien n'en diffère puisqu'est en tout propice au sacrifice et il n'en n'est pas de plus grand ni qu'acclame autant la foule des badauds que celui de nos sportifs de haut niveau . Les temps en cela n'ont pas changé et si ce sont des hommes que l'on veut voir ce sont des hommes qui se dépassent et en se dépassant dépassent tous les autres hommes.
Si je dis maintenant des hommes qui se transcendent et en se transcendant transcendent les autres hommes, on voit bien que l'esprit est toujours religieux et réclament ses dieux et ses demi-dieux. C'est d'ailleurs une véritable vénération qu'on leur professe qu'est loin d'égaler celle que l'on voue à nos hommes de science. C'est qu'on ne peut gouverner les hommes que par la raison et qu'il y a toujours une religion officielle même quand elle ne donne plus son nom.
Je ne voudrais pas oublier nos sacrifiés parce que c'est à eux que vont mes pensées: à ceux qui ont tout donné. Je les connais mieux que je ne connais les Mayas ou les Incas mais il me semble que c'était leurs prisonniers ou leurs esclaves ou encore les plus bas de leur échelle sociale qui au prix du plus grand sacrifice qui était celui de leur vie pouvaient se voir un jour gravir toutes les marches de la pyramide. En va t-il autrement aujourd'hui, n'est-ce pas toujours les mêmes qu'on sacrifie?
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