jeudi 23 juillet 2026

Le sens du sacrifice


Les hommes qui sont malheureux à l'heure de mourir sont ceux qui ignoreraient que leur vie n'a été qu'un long et heureux et douloureux sacrifice et que l'heure dernière est l'heure dernière du sacrifice. En quoi s'ils sont tout donné perdre la vie n'est rien perdre. Difficile cependant à se faire à cette idée qui est contraire à celle selon laquelle on vit et est contraire à tout sacrifice.

Mais il n'y a pas a être volontaire, personne n'est volontaire à la mort et tout le monde meurt; il en va de même pour le sacrifice qui n'est que bien considérer la vie et à quoi elle nous entraîne avec ou sans notre consentement. Y consentir est seulement bien vivre. Ne dit t-on pas de celui qui dépense qu'il mène la bonne vie, eh bien dépensons la notre vie.

Alors que nous pensons qu'au travail nous la gagnons nous ne faisons encore que la dépenser, eh bien dépensons la au travail. Et si nous ne voulons pas travailler nous la dépenserons toujours quoique autrement, et ce pourrait bien être à ne rien faire si ce n'était ce qui nous est le plus difficile pour cette impression que nous aurions de ne pas vivre.

Et c'est en effet que le sacrifice est inhérent à notre nature comme à la vie: que nous avons besoin de nous dépenser, ce qui est de la dépenser. En outre, et c'est le petit plus humain, nous ressentons le besoin de ne pas la dépenser inutilement mais d'estimer c'est-à-dire de valoriser notre dépense; aussi jusqu'à présent nous avons valorisé le travail à ce point qu'il n'y aurait que le travail de valorisant.

On sait maintenant que l'on a dévalorisé le travail comme que tout travail n'est pas valorisant cependant que l'on veut toujours que notre vie soit dépensée de façon valorisante pour nous, pour chacun d'entre nous, dit en termes familiers: "on ne veut pas se sacrifier pour rien". C'est encore dire combien le sens du sacrifice est le sens de notre vie.

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