La violence est vieille comme le monde et comme le plus vieux métier au monde elle a pignon sur rue. C'est qu'elle a à voir avec nos passions qu'on peut ranger au nombre de deux: l'amour et la haine, recto et verso d'une même monnaie dont les hommes se payent depuis l'origine des temps.
Ce qui m'anime c'est ma vie autant que mes passions, c'est qu'elles ont partie liées entre elles; la violence serait ainsi aussi accrochée à moi que la vie et moi aussi accroché à la vie qu'à la violence, il y aurait en elle quelque chose de vitale quand elle peut conduire à la mort.
C'est tout le paradoxe, cette contradiction qu'on ne peut souffrir et dont on souffre: m'extirper toute violence serait impossible sans m'extirper la vie. La violence comme une manifestation de vie, certes mais primitive.
Faut pas croire non plus qu'on en aurait fini avec l'homme primitif qui aurait cédé définitivement la place à l'homme civilisé, ce qui voudrait dire qu'on en aurait fini avec la violence.
C'est à lui, l'homme primitif, qu'on veut faire barrière à chaque fois qu'on veut faire barrière à la violence. Et c'est la loi, et c'est l'éducation, qu'on lui oppose. Et quand les deux viennent à faire défaut la violence ressurgit.
Mais si je suis trop tenu par la loi. Mais si je suis trop tenu par l'éducation. Je ne vis pas. Je serais esclave de la loi comme de l'éducation parce que soumis à elles. Mais est-il libre celui qui est esclave de ses passions? L'homme primitif plus que l'homme civilisé?
Tantôt je suis l'un, tantôt je suis l'autre, parce que je ne suis pas que la vie, je suis aussi l'être, on les confond trop à ces deux inséparables mais en tant qu'être et à chaque fois que je me sépare de cette violence en moi est-ce que je ne me sépare pas de cette vie en moi.
La marque du civilisé serait de s'éloigner de la vie pour tendre chaque fois plus à l'être, à l'être qui ne peut cependant être en dehors de la vie. Il faudrait donc faire avec cette violence? Oui, mais en la soumettant plus qu'en s'y soumettant.
On ne s'en sortirait pas pour autant de la violence car rappelons le ce serait sortir de la vie or l'être ne peut être qu'étant en vie; on ne s'en sortirait pas pour autant que l'on ne se fasse violence pour ne pas être cet être violent et pour que le civilisé prenne le pas sur le primitif.
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