dimanche 12 avril 2026

Si j'avais été témoin d'une guerre...


Si j'avais été témoin d'une guerre vous auriez voulu que je vous en parle, considérez alors qu'il s'agit d'une guerre, mais symbolique sur l'échiquier. Si j'avais été témoin du meurtre de son père par Œdipe, vous auriez voulu que je vous en parle, considérez alors qu'il s'agit du meurtre symbolique de la mère par sa fille.

Toutes les deux combattaient sur l'échiquier et il me fut donner d'assister à ce combat sans merci mais où la grâce devait opérer. Il y avait bien entre la mère et la fille des traits qui auraient pu me permettre d'en reconnaître la filiation si aux yeux d'un occidental tous les chinois, en l'occurrence chinoises, ne se ressemblaient pas.

Chacune cherchait à tromper l'autre, à la faire tomber dans un piège sinon a en accroitre la vulnérabilité en fomentant des faiblesses dans son camp pour par ses faiblesses pouvoir l'atteindre, la vaincre impitoyablement. C'était à en crever le cœur pour qui aurait déceler la parenté mais à réjouir celui du joueur d'échecs qui assistait à ces festivités.

Aussi guerrière l'une que l'autre car sachant se montrer autant hostile l'une à l'autre à qui rien ne sera épargnée de la capacité de nuire que chacune avait en elle et ne lésinant pas à l'exploiter envers l'autre reconnue seulement et jusqu'à ce point, et il était crucial, du jeu, comme adversaire redoutable et à redouter seulement.

Mais comme le jeu devait fatalement déboucher sur la mort quoique symbolique et en la personne de sa majesté le roi mis en échec et mat, la mère décida d'abandonner et me regardant moi qui regardait l'échiquier sidéré parce que la voyant gagnante: "C'est ma fille". Sa fille qui, pour sûr, ne l'aurait pas épargné.

Mais il ne faut pas s'y tromper ce fut néanmoins un combat (et non une leçon) entre la mère et la fille où le silence ne fut jamais rompu, où aucune connaissance ne fut délivrée qui put aider l'autre à combattre. Seulement la mère, au moment de donner à sa fille le coup de grâce, ou plutôt de le lui assener pour la mater, abandonna.

Cependant la grâce opéra mais celle là qui vous fait grâce et est tout à l'honneur de celui ou celle qui la dispense. A vous mettre la larme à l'œil car on ne se fait pas de quartier sur l'échiquier, sur l'échiquier il n'existe pas davantage de mère et fille que d'amis, on est tous adversaires, adversaires animés par l'adversité, seul sentiment conciliable avec cette activité jusqu'à preuve du contraire qui me fut ici administré.

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