A ma mère j'amenais des fleurs des champs
C'est que j'étais qu'un enfant
A mon père j'amenais des orties
C'est qu'il avait la main qui pique
Nous vivions alors en Normandie
Et j'étais asthmatique
Je respire plus lentement
Maintenant qu'ils sont partis
Et que seul je vis avec mes souvenirs du temps
Où il faut bien le dire je les aimais tant
Quel remue ménage depuis dans ma vie
Le muguet à la vierge au mois de mai
Me rappelle le visage de ma mère que j'aimais
Quand mon père cassait les lanières du martinet
Sur mon dos et celui de mon frère de lait
Y a de sang commun que celui qui a coulé
Qu'il aille en Enfer j'irais au Paradis
Lui et les siens qu'ils soient maudits
Mon père battait aussi la mayonnaise
Les jours où il savait se montrer gentil
Et c'est pas qu'il avait le vin mauvais
Vite j'allais chercher son Sidi Brahim
Avant qu'il tourne au vinaigre
Et lui rendais la consigne
Parce qu'il était radin
Pour nous pas d'argent de poche
Pour lui les livres de poche
La mère se taisait
Comme si c'était ce qu'elle avait de mieux à faire
Maintenant je dis qu'elle aille elle aussi en enfer
C'est vrai que je ne crois pas à Dieu ni aux Cieux
Sinon je serais pas pour eux si injurieux
Et que je me souviens du curé de paroisse
Qui avait chez lui une bonne à tout faire
On en parlait à Catenay c'était pas clair
Que le père leur donne à tous une bonne toise
Qu'je pensais moi qui l'aimais comme une mère
Parce qu'elle aurait pas laissé elle que le père
Sa volonté soit faite au ciel comme sur la terre
C'est que c'était une femme de caractère
Et qu'elle avait pas eu d'enfants
Et qu'elle l'aurait bien voulu
Si le curé lui il avait pu
"Souvenirs, souvenirs je vous retrouve dans mon cœur"
Il faut bien que de temps en temps encore je pleure
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