dimanche 18 janvier 2026

La bouée jaune (bis)


Jamais je n'atteindrais la terre ferme. Toujours entre deux rivages, qui sait si deux mirages. Le roulis, le tangage, c'est ce que je prends pour la vie. Le flot ininterrompu qui toujours nous mène et nous malmène. Qui a crié Terre! Toujours le flot qui nous berce. Et la vie qui a un goût amer. C'est l'eau, le sang, et le sel. Mais qui a le mal de mer? Le mal, c'est la terre.

L'homme est comme ce noyé qui sait nager. J'ai mis ma tête contre la sienne et je lui ai soufflé à l'oreille mon secret: il ne faut jamais désespérer de poser les pieds sur la terre ferme. La terre qui est un horizon toujours reculé. Il ne faut pas s'épuiser. La nage indienne est la plus recommandée. Je l'ai sauvé, mais je ne sais pas si je lui ai appris à nager sans désespérer. Il s'était accroché à une bouée.

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