dimanche 20 novembre 2022

Ecolo ou pas écolo ?

 

Ecolo ou pas Ecolo ? Pour Total ou contre Total ? Sans doute y a-t-il une prise de parti nécessaire et un sectarisme inévitable et dans sa prise de position une non considération de la position adverse jugée inadmissible, nulle et non avenue. Mais à connaître la nature des revendications et surtout que lorsqu’elles aboutissent elles aboutissent au paiement d’une forte somme d’argent au lieu de m’en réjouir je ne peux qu’être renvoyé non pas aux écolos mais à cette réflexion d’Adorno : « Lorsque les intellectuels de l’opposition veulent transformer la société à partir de ce cercle dont ils sont prisonniers, ils sont paralysés par la configuration de leur propre conscience qui s’est modelée par avance sur les besoins de cette société. ». En effet, quand on appartient (intellectuels ou pas intellectuels) à la société capitaliste (pour ne pas dire à la société de l’argent) quoi de plus naturel  que de réclamer de l’argent (indemnisation, compensation, réparation…) peut-on penser, mais n’a-t-on pas lieu plutôt de s'étonner que quand on se réclame contre cette société dite capitaliste on réclame toujours de l’argent. Pire encore, quand on réclame de l’argent à des entreprises comme Total qui n’ont pas d’autre fin que de faire de l’argent c’est comme si on justifiait leur action, car comment pourraient-elles payer de si fortes sommes d’argent comme celles qu’on leur réclame si elles avaient agi autrement qu’elles ont agi ?

A la différence de ces intellectuels européens de l’opposition il y a au fin fond de l’Afrique et de l’exploitation pétrolière un pauvre paysan africain, plus que tout autre nécessiteux, qui lui refuse obstinément tout type de compensation financière et demande simplement que s’en aillent les exploitants et leur argent sale. Il n’y a en effet pas d’autre écolo que celui qui a besoin de sa terre pour se nourrir. Parfois cependant les exploitants ont su se montrer plus malins comme en Nouvelle Calédonie. Avant que ne s’insurge la population autochtone contre l’exploitation du nickel et les méfaits écologiques de ses mines à ciel ouvert quelques concessions minières bien modestes ont été accordées aux Kanaks qui ne peuvent plus se révolter contre un désastre écologique puisqu’ils y participent eux-mêmes quoique dans une bien moindre mesure : la majorité d’entre eux en souffrant plus les inconvénients sanitaires que profitant des retombées de la manne financière. C’est sur ses terres coutumières que le Kanak ne retrouvera plus l’igname, le manioc, et le taro, qui nourrissaient ses ancêtres, pas plus que le chef coutumier qui aura quitté sa tribu et le conseil de la tribu pour des institutions calédoniennes comme le CESE conseil économique social et environnemental ou des intellectuels de l’opposition, et parmi eux à n’en pas douter il y aura des écolos, l’aideront à réclamer de l’argent en compensation de tout le mal qui est fait aux Kanaks et à la terre Kanak.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire