jeudi 21 octobre 2021

L'amour du genre humain

 

Il faut commencer par ne plus rien en attendre. On en a trop attendu. D’où la perte des illusions. Tandis que n’en attendant plus rien sinon que du mal on ne  peut qu’être agréablement surpris. Ce n’est pas exactement ce que l’on peut appeler être positif. Etre positif est en fait la négation du genre humain : le refus de le voir autrement que positivement. Cette illusion positive n’est que la continuité de l’hypocrisie bourgeoise. On ne veut voir que ce qui plait à voir. De même, on aime les loups, mais quand on dit que l’homme est un loup pour l’homme on n’aime pas voir en l’homme ce loup là. Il ne peut cependant avoir d’amour du genre humain si l’on n’aime pas voir ce loup là qu’est l’homme. Car c’est bien lui que l’on prétend aimer quand on prétend aimer le genre humain. Où alors on est cet écrivain qui dit aimer ses lecteurs quand il n’a pas idée de qui sont ses lecteurs mais que seulement l’idée qu’ils le lisent lui plaise. Il en est ainsi de ceux qui disent aimer le genre humain qu’ils prennent pour leur public qui est bon public. Mais ne pas aimer le genre humain quand on fait parti du genre humain pose problème, un problème personnel plus qu’un problème au genre humain. Il peut bien se passer de nous. Mais nous de lui ? Heureusement, il y a les chiens. Ou serait-ce que le fait que beaucoup de gens du genre humain ait un chien ne signifie rien ? Et comme on aime sa descendance on aime les chiens ou le chien ne descend t-il pas du loup ? Le mien de chien s’appelle Eliot. Je n’attends rien d’Eliot sinon qu’il ne fasse pas pipi sur le tapis, ce qu’il fait parfois. Je ne sais pas si je le pardonnerais à quelqu’un du genre humain.

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