C’est étrange cette absence de passants
Et ce grand silence tout blanc
On se tient au courant
Un rhume bâillonnant
On entend le vent de la tourmente
Et tout ce qui se ferme en dedans
On n’arrive plus à lire de romans
Ni même à s’aimer tendrement
On ne fait que se regarder en chien de faïence
Et le sommeil vient de plus en plus tardivement
Tout est somnolent et tout est hivernant
On dirait bien que c’est la mort du tout venant
Sur les ondes par vagues la rumeur se répand
Il y en a même qui disent que ce ne sera plus comme avant
Pas de jour qui ne passe sans que l’on s’interroge sur le mal
Et sur qui est vulnérable ?
Il y a de longues files interminables
Suis-je porteur du mal ?
Les petits oiseaux ont froid
Et l’homme se demande quand il mourra
Tandis que les femmes je crois
Attendent des enfants qui ne viennent pas
Aujourd’hui on est moins qu’hier
Et plus que demain
Le compte à rebours a commencé
Par nous et
De plus en plus ce monde
Ressemble
A un monde sans monde
Et sans lendemain
Qui chante
C’est étrange cette absence de passants
Et ce grand silence tout blanc
On dirait la nuit des hospitalisants
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