dimanche 24 janvier 2021

Le couvre-feu


C’est étrange cette absence de passants

Et ce grand silence tout blanc

On se tient au courant

Un rhume bâillonnant

On entend le vent de la tourmente

Et tout ce qui se ferme en dedans

On n’arrive plus à lire de romans

Ni même à s’aimer tendrement

On ne fait que se regarder en chien de faïence

Et le sommeil vient de plus en plus tardivement

Tout est somnolent et tout est hivernant

On dirait bien que c’est la mort du tout venant

Sur les ondes par vagues la rumeur se répand

Il y en a même qui disent que ce ne sera plus comme avant

Pas de jour qui ne passe sans que l’on s’interroge sur le mal

Et sur qui est vulnérable ?

Il y a de longues files interminables

Suis-je porteur du mal ?

Les petits oiseaux ont froid

Et l’homme se demande quand il mourra 

Tandis que les femmes je crois

Attendent des enfants qui ne viennent pas

Aujourd’hui on est moins qu’hier

Et plus que demain

Le compte à rebours a commencé

Par nous et

De plus en plus ce monde

Ressemble

A un monde sans monde

Et sans lendemain

Qui chante

C’est étrange cette absence de passants

Et ce grand silence tout blanc

On dirait la nuit des hospitalisants

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