vendredi 9 octobre 2020

Le gros câlin

 

Qu’est-ce qui nous pousse à faire un gros câlin à notre animal domestique et celui-ci effrayé à s’écarter ? Là où nous ne voyons que sentiment il ne verrait qu’instinct. Il n’est pas sûr que nous voyons les choses plus justement que lui ou plutôt (car y a-t-il là une quelconque réflexion de part et d’autre ?) que nous ressentions les choses plus justement que lui. Si l’on considère vers quoi s’acheminent ou en quoi se terminent nos câlins d’ordinaire. En tout cas, notre animal lui ne fait pas la différence entre  sentiment, affection, et instinct ; et quand les spécialistes des grands fauves s’extasient devant l’affection ou le sentiment que peuvent manifester les animaux entre eux il se peut qu’ils fassent la même erreur anthropomorphique que nous. Au mieux cette effusion de sentiments ou affection ne serait vécu par notre animal que comme des préliminaires, préliminaires qui paradoxalement seraient pour l’animal plus naturels et systématiques que pour nous et notre instinct défectueux. Il est ainsi fort possible que ce que nous appelons sentiments ou affection ne soient là que pour nous rappeler à nos instincts. Quand nous donnons à nos sentiments ou à notre affection une existence à part entière et indépendante, la marque de notre humanité, et que nous ne sommes pas gouvernés pas notre instinct, il se peut que nous nous leurrions quand l’animal lui ne se trompe pas sur nous et sait reconnaître l’instinct partout où il se manifeste.

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