- Alors, tu crois que les bons orateurs sont regardés dans les cités comme des flatteurs et, comme tels, peu considérés ?
…........................................................................................................
- .Eh bien, je crois qu'ils ne sont pas considérés du tout
La réponse faite par
Socrate à Polos dans Gorgias de Platon n'est pas loin d'être la
nôtre si l'on considère que les sophistes et leur rhétorique au
service des puissants de naguère sont nos politiciens et leur langue de bois au service des puissants d'aujourd'hui. Ils ont eu leur heure de gloire. Les
sophistes et la rhétorique aussi.
Il y a pire, mais je
voudrais faire un petit détour par Jaime avant d'en revenir à Socrate et
au Gorgias de Platon.
Jaime à qui je disais
que le communisme étant bien mort et enterré pourquoi, plutôt que de perdre des hommes de bonne volonté et peu importe l'étiquette
qu'ils prendraient, .... Jaime me coupa : pour nous la fin ne justifie
pas les moyens. Je me faisais
fort d'avoir entendu parler de « sous-marins » en
politique, c'est-à-dire d'hommes qui entrent dans un parti pour le
couler. Le but était là un peu différent : c'était de se
donner les moyens d'agir. Et c'est ce que je dis à Jaime : mais
si vous n'avez plus les moyens ou que le seul moyen d'arriver à vos
fins serait celui-là même que de changer d'identité politique.
Pour Jaime on ne change pas d'identité politique comme de carte de
visite et, encore une fois, la fin ne justifie pas les moyens.
L'on sait pourtant que
les politiques (du moins ceux qui ont le pouvoir) ne lésinent pas
sur les moyens et que les moyens changent souvent et vont jusqu'à se
contredirent mais toujours poursuivant la même fin : le
pouvoir, le conserver, l'affermir, l'étendre, l'accroître si
possible. Ainsi comme il y eut une politique pour l'émigration il y
a aujourd'hui une politique contre l'émigration. Cela peut nous
paraître une contradiction à nous qui comme Jaime sommes attentifs
aux moyens mis en œuvre, surtout quand il s'agit de populations, de
l'être humain qui n'est pas, on n'ose encore le croire, une
marchandise comme une autre.
Mais revenons-en à Socrate et au Gorgias de Platon.
- Ne sommes-nous pas tombés d'accord que, quand nous faisons une chose en vue d'une fin, ce n'est pas la chose que nous voulons, c'est la fin en vue de laquelle nous la faisons ?
- Certainement (répond Polos à Socrate)
- Nous ne voulons donc pas égorger des gens, les exiler, les dépouiller de leurs biens par un simple caprice. Nous voulons le faire, lorsque cela nous est utile...
Laissons là Socrate et le Gorgias de Platon.
Les politiques font donc une chose pour une autre et nous trompent à chaque fois qu'ils disent faire cette chose pour elle-même. Seul leur fin est invariable : le pouvoir. Il n'est rien qu'ils ne fassent pour nous pour nous, mais pour cette fin : le pouvoir, qui est leur unique fin.
Voilà pourquoi la politique et moi ça fait deux. Jaime a raison: tous les moyens ne sont pas bons, même en politique.
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