J'avais un ami malgache. J'ai oublié son nom. Mais son nom n'a pas plus d'importance que le mien. On n'occupait chacun une chambre de bonne. Et quand il ne m'invitait pas dans la sienne c'était dans la mienne que nous nous trouvions à discuter. Jamais depuis je n'ai eu de voisin comme lui. Mais plus qu'à lui je pense à une conversation que nous avons eu sur les noirs et l'athlétisme, car nous parlions entre nous librement de tout, il n'y avait pas de sujet tabou, et nous étions férus de sport. C'est, dit-il, ajoutant le geste à la parole en se donnant une petite tape sur l'arrière train, à force de marcher et courir dans le sable ou la terre meuble que nous développons de si beaux fessiers. Il avait une petite amie blanche qui venait de temps en temps lui rendre visite et je me disais qu'il n'y avait pas qu'à l'athlétisme que cela profitait. Bien sûr, il y avait aussi la pure raison économique: il suffit d'une paire de chaussures et encore il y en a qui courent pieds nus, en tout cas c'est moins cher que le cyclisme, le tennis ou le golf. Toutefois, quand je repense à toutes les raisons évoquées, je ne peux m'empêcher de regretter de ne pas pouvoir continuer cette conversation avec mon ami malgache, car il en est une que j'aimerais lui soumettre.
Dommage pour ses beaux fessiers dont il semblait être si fier, et, ma foi, il n'avait pas de quoi en avoir honte: il n'y a pas plus laid que des fesses plates, pour ne pas dire que les fesses sont ce qu'il y a de plus beau dans notre anatomie, et pour ce qui est des rondeurs le mâle ne peut pas se prévaloir d'autre rondeur que celle de ses fesses. Pourtant, plutôt que de s'arrêter à ce détail anatomique, je verrais aujourd'hui quelque chose de plus général, global, et selon moi déterminant: le relâchement. On parle de nonchalance. Personnellement, j'aime cette nonchalance. Mais qu'on ne s'y trompe pas. C'est celle de la corde détendue de l'arc. Détendue pour mieux se tendre. Plutôt que la raideur. La raideur est à mes yeux l'un des caractères les plus évident de la mort. Mais avant d'en arriver là, car je vais trop vite en besogne, il y a tous ce qui nous y conduit, et en particulier le stress, les tensions diverses. Vous voyez tous ces coureurs sur les starting-block les muscles bandés, prêts au départ, et vous pensez tension, contraction, détente; pas relâchement; et si vous pensez à un animal pensez au chat.
Dommage pour ses beaux fessiers dont il semblait être si fier, et, ma foi, il n'avait pas de quoi en avoir honte: il n'y a pas plus laid que des fesses plates, pour ne pas dire que les fesses sont ce qu'il y a de plus beau dans notre anatomie, et pour ce qui est des rondeurs le mâle ne peut pas se prévaloir d'autre rondeur que celle de ses fesses. Pourtant, plutôt que de s'arrêter à ce détail anatomique, je verrais aujourd'hui quelque chose de plus général, global, et selon moi déterminant: le relâchement. On parle de nonchalance. Personnellement, j'aime cette nonchalance. Mais qu'on ne s'y trompe pas. C'est celle de la corde détendue de l'arc. Détendue pour mieux se tendre. Plutôt que la raideur. La raideur est à mes yeux l'un des caractères les plus évident de la mort. Mais avant d'en arriver là, car je vais trop vite en besogne, il y a tous ce qui nous y conduit, et en particulier le stress, les tensions diverses. Vous voyez tous ces coureurs sur les starting-block les muscles bandés, prêts au départ, et vous pensez tension, contraction, détente; pas relâchement; et si vous pensez à un animal pensez au chat.
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