scintillait
comme l’eau de la rivière
qui a coulé
sur ta tête brûlante
comme une pierre
qui a séché
au soleil
ta fièvre des tropiques
qui a sué
des cuisses de rosée au teint cuivré
des filles des îles de Lifou de Maré
tandis que des crabes de palétuvier
s’enlisaient sur des rives boueuses
et des moustiques de gris et de sang
tachetaient ta chambre d’enfant délirant
où des requins du lagon tournaient en rond.
L’écume de la jouissance bordait ton lit
sali par une nuit d’insomnie.
Au réveil tu ne t’es pas réveillé.
Tu ne t’es jamais réveillé.
Il y a des nuits dont on ne se réveille jamais.
Tu as revu sur la tête crépue le peigne planté
comme le totem sur la case du chef de tribu
et reconnu la tête de Cilane Noël ton ennemi juré
comme de Wayéméné Hélène le manou déchiré.
Une sagaie s’est figée dans ton cœur blessé
où la pointe acérée avec le temps a rouillée
et s’est émoussée mais tu n’as pas oublié
ta tête sous la tête d’oreiller
et qui tentait de t’étouffer.
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