dimanche 19 août 2018

Hymne poétique à la Nouvelle-Calédonie (Une nuit sous les Tropiques)

Une nuit fraîche et étoilée 
scintillait 
comme l’eau de la rivière 
qui a coulé 
sur ta tête brûlante 
comme une pierre 
qui a séché 
au soleil 
ta fièvre des tropiques 
qui a sué
des cuisses de rosée au teint cuivré 
des filles des îles de Lifou de Maré
tandis que des crabes de palétuvier 
s’enlisaient sur des rives boueuses 
et des moustiques de gris et de sang 
tachetaient ta chambre d’enfant délirant 
où des requins du lagon tournaient en rond. 
L’écume de la jouissance bordait ton lit 
sali par une nuit d’insomnie. 
Au réveil tu ne t’es pas réveillé. 
Tu ne t’es jamais réveillé. 
Il y a des nuits dont on ne se réveille jamais. 
Tu as revu sur la tête crépue le peigne planté 
comme le totem sur la case du chef de tribu
et reconnu la tête de Cilane Noël ton ennemi juré 
comme de Wayéméné Hélène le manou déchiré. 
Une sagaie s’est figée dans ton cœur blessé 
où la pointe acérée avec le temps a rouillée 
et s’est émoussée mais tu n’as pas oublié
ta tête sous la tête d’oreiller
et qui tentait de t’étouffer.

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