Je veux voir les premières lueurs du jour.
J'ouvre la fenêtre, il est huit heures.
Mon dieu! que le ciel est gris.
Le soleil sort comme un sourire sur un visage triste.
Je vois ces hommes qui ont vécus comme j'ai vécu.
Je vois ces hommes que je ne voyais plus
Qui déambulent, car jadis ils étaient en voiture
Courant vers d'autres buts, tandis qu'ils n'en ont plus.
A moins qu'évasifs ils évacuent un passé trouble et lascif.
Jadis nos routes se sont croisées, elles ne se croiseront plus.
Elles vont sans se toucher encore un peu s'accompagnées
Avec cette distance froide et géométrique
Qu'ont entre elles deux droites parallèles.
Je vois les arbres qui n'ont plus de feuilles ni de fruits.
Ici, en ville, on attend que le printemps arrive.
Entre temps il faut du froid et de la pluie.
Les paysans le savent mais notre vie est citadine.
Mon dieu! que le ciel est gris.
Et que j'aime quand il me sourit.
Nous ne sommes pas paysan qui attend la pluie.
Ni la récolte des fruits.
Avons nous perdu goût à la vie?
Nous qui n'aimons plus notre ciel gris
Et rien qui ne soit fleuri ni sans fioriture
Aimons nous encore la vie sans garniture?
Arbre gris que me montres tu? le gibet, le pendu.
Squelette sais tu qu'ici la mort est banni, exclu
Et que la terre n'est plus la terre
Sans verdure et parterre (de fleurs)
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