Je sais maintenant (trop tard) que le dépouillement
N'est pas (trop facile) d'ôter ses vêtements
Je sais maintenant (trop tard) que le dénuement
N'est pas (trop facile) de se montrer tout nu
(Trop souvent) (trop longtemps) confondu
Tout ce que je pouvais enlever à ce que j'étais
Tout ce que je pouvais enlever sans vraiment me toucher
Et je restais intact à l'épreuve des balles
Et des intempéries qui pleuvaient égal
A moi-même sous la pluie qu'au soleil
Comme un oiseau qui casse sa graine
Un merle chanteur volatile était mon air
Quand au coeur inchangé était la cible
Comme le serin hors de toute atteinte
Aussi beaucoup qui croyaient me toucher
N'ont entendus qu'une corneille croasser
Et en me volant dans les plumes
N'ont vu que des plumes voler
Tandis que je riais sous leur nez
Et qu'en moi riait celui qui était né
(merle moqueur) pour se moquer
De tout ce que l'on croyait être lui et qui luisait
Tandis que, terne effacé, il gisait
A des profondeurs insoupçonnées
Où parfois je l'y retrouvais
Comme je l'y avais laissé
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