Confidences de l'homme ordinaire,
Je
n'ai que ma seule existence. Ah! si je savais ce que vivre pleinement veut dire.
Et découvrir le monde environnant, les hommes, les femmes de son temps. C'est si
petit là où j'habite que je ne peux y inviter tant de gens en même temps. Et le
péril est si grand. Tout au fond de mon être, où tout mortel qui entre se perd, vit un loup
solitaire. Alerte, je traverse ma vie comme on traverse une rue populaire.
Convive comme moi sans histoire, je t'en supplie quitte ma table où il ne fait
plus bon boire. Convive comme moi mort-de-soif, sais-tu que las le verre se
casse. Et qu'à l'aube d'un jour nouveau, dans l'arbre du temps où se fige le
coin ou l'étau, le pouls se fait filant aussitôt.
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